L’appellation d’origine contrôlée ne constitue plus une garantie de qualité ou de terroir pour la production viticole. C’est ce qu’affirment les 75 professionnels représentatifs de la filière dans une enquête publiée le 3 septembre 2007 par l’UFC-Que Choisir, une étude que certains acteurs de la filière dénoncent. Explications avec Philippe Coste, président du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL).
La perte de crédibilité des AOC déplorée par l’enquête d’UFC-Que Choisir touche-t-elle, selon vous, les AOC du Languedoc ?
Philippe Coste
: « Dans la région Languedoc, la production des appellations d’origine est minoritaire. Elles ne représentent que 2 millions d’hectolitres sur une production totale de 15 millions d’hectolitres. C’est bien là la spécificité de notre région : la mixité. Nous ne sommes pas dans le “tout appellation”. Et cette possibilité laissée à chaque vigneron de choisir la destination de sa production a comme conséquence de tirer la qualité des AOC vers le haut. »
La nouvelle réorganisation des AOC du Languedoc avec la naissance de l’AOC régionale peut-elle être une réponse à la recherche d’une qualité et un lien au terroir encore plus forts
?
Philippe Coste
: « Oui, et c’était bien là notre objectif. Pour mettre en place cette nouvelle organisation, nous avons cherché le plus grand dénominateur commun. Nous avons choisi comme référent l’AOC Coteaux du Languedoc, considérée comme exemplaire au regard de la notion originelle et exigeante de l’AOC. Dorénavant, et depuis le 3 mai 2007, le socle de référence de l’ensemble des appellations d’origine s’est élargi et s’appuie sur l’AOC régionale. Concrètement, cela va amener les autres appellations à se hiérarchiser et à se repositionner en termes qualitatifs. »

