A l’occasion de l’assemblée générale du CIVL qui s'est tenue le 30 novembre dernier, l’équipe du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc sous la houlette de son président, Frédéric Jeanjean a dressé un état des lieux de la campagne 2008-2009. Sans nier la conjoncture économique difficile, le vignoble semble mieux résister que d’autres sur le marché français. A l’export, le Languedoc limite la casse. 2010 devrait laisser un peu de répit aux AOC du Languedoc avec un premier retour à l’équilibre entre l’offre et la demande.
Avec 149 millions de cols vendus en 2009, le marché Français représente 63 % des débouchés des AOC du Languedoc Tranquilles (sorties de chais – DRM 2008/2009). Globalement, la baisse de la consommation des vins tranquilles se poursuit notamment chez les plus de 50 ans qui constituent habituellement le cœur de cible des acheteurs. Malgré cette perte d’attractivité générale, les vins du Languedoc sont avec la Vallée du Rhône et le Beaujolais, les seuls vignobles à recruter des ménages via
des tranches de prix entre 2,5 et 7 euros le col (Panel TNS campagne 2008/2009). Au niveau GD France, les ventes des AOC du Languedoc sont à plus + 5 % en valeur (+ 0,4 % en volume) sur un marché à – 1 % en valeur lié aux baisses de Bordeaux et de la Loire notamment. Parmi les appellations qui progressent, on note les AOC du groupe Coteaux du Languedoc (+ 12,5 % en volume) et le segment des marques en appellation régionale qui poursuit sa croissance sur les tranches de 2,50 € à 4 € le col (+ 11 % pour les rouges et + 38 % pour les rosés). Les Corbières se développent via le segment des BIB et celui des châteaux tout comme Faugères (Châteaux rouges : + 4,9 % et rosés : + 13,3 %)*.
Côté export, la crise a fortement affecté les expéditions françaises et beaucoup de marchés sont à l’arrêt. Il faut rappeler que la conjoncture n’a pas été favorable avec un contexte de change non propice à l’euro vis-à-vis du dollar et un moral des consommateurs en berne. Dans ce contexte, le Languedoc limite la casse (- 5 % en volume) et continue même à progresser sur certains marchés comme la Suisse et la Chine notamment (douane 9 mois 2009).
L’année 2010 devrait être plus clémente et signer le premier retour à l’équilibre pour les AOC du Languedoc. Celles-ci devraient également bénéficier du changement d’attitude des consommateurs qui délaissent le segment des Supers Premiums au profit des Premiums, tranche sur laquelle les vins de la région sont aujourd’hui bien positionnés.
* Panel Iri – fin 11-10-09
Du 1er août 2008 au 31 juillet 2009, les sorties de chais pour l’ensemble des AOC se situent à 1 226 000 dont 1 118 000 hl en vins tranquilles, 68 005 hl pour les effervescents et 36 157 hl pour les muscats. Elles sont en retrait par rapport à 2007-2008 de 33 000 hl. Cette baisse contenue en 2008-2009 à - 3 % provient de la baisse des vins tranquilles. Les muscats sont stables à un an. Les effervescents quant à eux progressent légèrement (+ 2 %).
En 2009, la grande distribution représente 31 % des ventes des AOC du Languedoc tranquille suivi du hard discount (15 %). Les cavistes représentent 7 % des débouchés. L’année marque un arrêt de la croissance du nombre de ces points de ventes (- 0,2 %) par rapport à 2008. En revanche, selon l’enquête CHD initiée par plusieurs interprofessions, la présence des AOC Languedoc-Roussillon tend à s’améliorer dans la restauration française avec désormais 29,9 % des restaurants qui affichent à la carte une offre de la région. En 2009, la restauration représente 4 % des ventes des AOC du Languedoc.
Aujourd’hui, l’export assure une part prépondérante des débouchés des AOC du Languedoc (37 %). En 2009, les quatre premiers marchés sont basés en Europe. La plupart d’entre eux sont en recul. Il s’agit de l’Allemagne (- 5 %), de la Belgique (+ 4 %), des Pays-Bas (- 15 %) et du Royaume-Uni (- 26 %). La Belgique semble renouer avec la croissance et repasse au deuxième rang des pays clients. Le Canada arrive en cinquième position talonné de près par la Suisse en forte progression (+ 28 %) cette année. On observe également sur cette même période un fort développement de la Chine (10ème pays client avec une progression de + 210 %).
Si toutes les destinations et quasiment tous les vins sont en recul en volume et en valeur à l’export (campagne 2008-2009), les petites bulles de Limoux font partie des rares produits à poursuivre leur progression. En 2009, le Crémant se développe notamment sur l’Allemagne, le Japon et l’Angleterre. Avec désormais 3,1 millions de cols commercialisés, ses ventes depuis trois ans ne cessent d’augmenter.

