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AOC Languedoc

« Ne réduisez pas le vignoble du Languedoc aux intempéries et à l’arrachage des vignes »
Par Philippe Coste, président du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL) à Narbonne.

Philippe Coste

Quand les orages de grêle ont frappé le département de l’Hérault un soir de septembre, provoquant d’importants dégâts dans les vignes du secteur de Neffiès, au nord de Pézenas, mais aussi dans le Minervois et le Faugérois, je me suis senti immédiatement touché et solidaire de ce drame qui met en péril de nombreuses exploitations. Rapidement, la colère a pris le pas quand j’ai constaté que la presse écrite, la radio et la télé faisaient leurs « choux gras » de cet événement, oubliant de préciser combien représentaient les 5 000 hectares dégradés sur la surface totale de nos 40 000 hectares. Certains médias se sont-ils demandé comment vivait la majorité des vignerons languedociens épargnés ? Non.
Après la grêle, c’est maintenant l’arrachage des vignes qui fait la une de nos journaux. Là encore, il ne s’agit pas d’occulter et de sous-estimer cette question. Mais je voudrais rappeler que ce sujet n’est pas nouveau. En un peu moins de vingt ans, le Languedoc-Roussillon est passé de 29 millions d’hectolitres à une production oscillant entre 15 et 20 millions d’hectolitres. Cette baisse est la résultante d’une campagne importante d’arrachage et d’une politique ambitieuse de développement de vins à plus forte identité.
Sans nier la crise que nous traversons effectivement depuis 2001, ne serait-il pas opportun que les médias s’intéressent aussi aux réussites de nos hommes ? À l’heure où nos vignerons préparent un millésime 2008 unique, succédant à quatre très beaux millésimes, pourquoi ne pas parler des résultats qui commencent à se faire sentir ?
À nouveau, les AOC du Languedoc retrouvent des parts de marché à l’étranger. Les sorties de chais en vente départ propriété ne cessent de progresser et représentent désormais un peu plus de 45 % de l’activité des AOC du Languedoc tranquilles. Idem du côté des ventes en GD, qui sont en augmentation avec une hausse de 50 % sur le segment des vins à plus de 4 € le col.
Côté qualité, comment ne pas citer nos vins régulièrement récompensés ? Comment ne pas en être fiers ? Récemment encore, le très coté International Wine Challenge et le célèbre Decanter faisaient l’apologie de trois de nos AOC, n’hésitant pas à les qualifier de « meilleurs vins du monde ». Quant à la nouvelle AOC Languedoc, plus qu’une renaissance pour nos vins, elle constitue un électrochoc qui montre notre capacité à mettre en œuvre une stratégie partagée avec le grand négoce local et à nous unir autour d’une marque commune. Cette union, j’en suis sûr, permettra demain à notre vignoble de se pérenniser.
Je pourrais vous citer de nombreux autres exemples qui montrent la richesse et l’effervescence du Languedoc : le potentiel de ses rosés et de ses blancs, la capacité du vignoble à réduire ses taux d’anomalies dans le cadre du suivi aval qualité (SAQ)… La liste serait trop longue. Le Languedoc est un territoire qui, plus qu’ailleurs, est synonyme de plaisir, de créativité, de convivialité, de chaleur, de passion et d’authenticité. Croyez-moi, son histoire, son savoir-faire vigneron, sa culture régionale, sa relation avec la mer méritent mieux que des reportages sur les intempéries et sur l’arrachage de ses vignes. Une dernière preuve : la région attire chaque année des professionnels du vin, vignerons ou négociants, venus du Champenois, du Bordelais ou de Bourgogne, souhaitant acquérir des terroirs de qualité. C’est le cas du Bordelais Jean-Michel Cazes, de la société Baron Philippe de Rothschild, de la maison de vins Dourthe ou encore de la prestigieuse maison bourguignonne Boisset. A méditer, non ?

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